Signs s’inscrit dans une métaphore poétique du signe, dans une recherche purement plastique, sans souci de lisibilité. Du chaos absolu naît lentement la vie après que le souffle a pris possession du corps. Là émerge une danse, témoignage d’un vocabulaire du corps. Mais pour que le vide puisse être «envisagé comme un signe.»  encore faut-il que le corps habille le vide et sculpte l’air et la matière, la transforme, se transforme, captée par l’œil du photographe. Alors le geste laisse sa trace et son empreinte dans le paysage d’un théâtre de plein air qui par là-même n’est plus un théâtre.

Si Mue insiste sur la matière du processus en figurant la métamorphose, Signs en explore la dimension incorporelle en effaçant le corps sous le voile dont il est le signe. Il ne s’agit pas au final de construire une représentation de cette expérience, comme un chorégraphe qui chercherait une esthétique dans une mise en scène, il n’est question que de purs gestes pour se faire traces. Mue peau de choses avant que Signs ne devienne peau de signes.

Signs offers a poetic metaphor of the sign in a purely aesthetic exploration, without concern for legibility. From absolute chaos, slowly, is born life, after breath has taken hold of the body. There, a dance emerges, bearing witness to a vocabulary of the body. But for the void to be “envisioned as a sign”, the body must clothe the void and sculpt the air and the material—transform it, be transformed, captured by the eye of the photographer. The gesture leaves its trace and its imprint in the landscape of an open-air theatre, which is then no longer a theatre.

While Mue (“Molting”) emphasises the material element of the process by figuring metamorphosis, Signs explores the immaterial, effacing the body under the veil it is the sign of. The aim is not to create a representation of this experience, like a choreographer looking for an aesthetic in a staging; rather, it is simply a matter of pure gestures, to become traces. Mue, skin of things until Signs becomes skin of signs.