Le Poids est traversé par un acte qui est aussi celui d’une pensée dont le mouvement se fait acte dansé. La danse comme métaphore de la pensée, celle de la légèreté, loin de l’esprit de pesanteur. La pensée méditante n’est pas exempte de légèreté, ce qui lui permet d’être une possible matrice de la danse. Mais celle-ci s’ouvre à l’immobilité, ici le mouvement se fait appel, le déplacement devient invisible.

La danse ici est l’événement du corps qui se déploie comme défi, qui cherche à s’échapper de la masse qui l’entoure, y compris en utilisant la part d’ombre qu’elle produit.

La danse est là pour faire penser comme corps - le faire répondre aux appels d’être, aux limites de l’intelligibilité. Le corps arrive comme événement et répond a ce qui relève du sensible ou qu’il révèle comme point sensible.

La danse est donc comme une pensée, l’art de la rencontre d’un corps invoqué ou révélé. Accepter la mort pour continuer à vivre et en vertu de ce que elle soit aussi vivre la mort de l’Autre. Chemin de deuil ; s’efforcer de vaincre la mort, de se dépasser, de créer la modalité d’effectuation d’un renversement, permet de la vivre et de l’annuler en l’inscrivant dans un processus créateur.

 

Le Poids is traversed by an act which is also that of thought, the movement of which becomes the act of dance. The dance as a metaphor for thought, one of lightness, far from the heaviness of gravity. Meditative thought is not without lightness, making it a possible matrix for dance, but it is open to stillness. Here, the movement is summoned; the motion becomes invisible.

Here, the dance is the event of the body unfolding as in defiance, breaking free from the mass that surrounds it, using even the share of shadow it casts.

The dance is there to make us think as body - to make it respond to the calls to being, to the limits of intelligibility. The body arrives as event and responds to what is perceptible or revealed to be a sensitive spot.

The dance is like a thought, the art of encounter with a body that is invoked or revealed. To accept death in order to keep living and, as such, to live the death of the Other. The path of mourning: forcing oneself to conquer death, to surpass oneself, to create the means of overcoming by bringing about a reversal, is what allows one to live death and to annul it by incorporating it into a creative process.